La motivation des élèves... on y réfléchit !
Voici le fruit de la dernière réunion du Centre de Ressources Pédagogiques... N'hésitez pas à enrichir notre réflexion par la vôtre en laissant un message dans la rubrique "contact" de ce site !
Pour prendre un peu de hauteur et réfléchir aux leviers de la motivation
1- Choix et objectifs…
Dans le quotidien de l’école, comment amener l’élève à faire des choix pour devenir ce qu’il veut être ? Comment l’aider à formuler des objectifs pour y parvenir ? Et quels moyens va-t-il mettre en place ?
Comment l’accompagner pour répondre à ces questions ? Comment l’accompagner dans son engagement ?
Grandir c’est apprendre à faire des choix : dans toutes les situations de la vie, on est amené à faire des choix en fonction de valeurs. Il s’agit de définir des choix et objectifs adaptés à l’âge de l’élève.
Avant de le projeter dans l’avenir, il faut aider l’élève à construire un regard introspectif sur sa vie, son histoire, ses réussites et ses échecs et les valeurs qui l’animent afin qu’il apprenne à mieux se connaître.
Un accompagnement méthodologique et des travaux comme le « Projet moi » peuvent y contribuer. D’autres dispositifs existent aussi : la mise en projet de l’élève (par exemple choisir un niveau de difficulté d’exercice en fonction de ses capacités), les ateliers d’expression, l’aide à l’orientation, les stages de découverte en entreprise…
Il faut aussi laisser le temps à l’élève de « faire sa route », notamment pour les élèves rétifs à la contrainte. Et ces élèves-là sont les plus à même de profiter de ce travail, dans la mesure où ils peuvent avoir le sentiment de subir la vie. Dans les situations d’échec, lorsque l’élève a le sentiment de n’avoir pas atteint les objectifs qu’il s’est fixés, ou qu’il n’a pas fait les bons choix, il s’agit de retravailler avec lui la représentation et l’estime qu’il peut avoir de lui-même. Il s’agit d’un travail d’accompagnement pour l’aider à « rebondir ».
2- La motivation de l’élève et ses leviers
Il y a motivation quand ce que l’on fait a du sens : cela peut-être :
- L’utilité pour moi ;
- Le gain ;
- Le plaisir ;
- Le sentiment de compétence ;
- La découverte ;
- …
Ces sensations nourrissent la mise en projet par le désir de les atteindre à nouveau.
L’élève doit apprendre à se connaître, à définir ce qui a le plus de sens pour lui aujourd’hui afin d’ouvrir des possibles.
Parallèlement, l’enseignant doit jouer sur des leviers afin que l’élève retrouve ces sensations :
- Etre un enseignant motivé ;
- Créer un environnement bienveillant et accueillant ; avoir un regard espérant ;
- Varier les méthodes pédagogiques (travail de groupes ; méthode inductive) pour surprendre ;
- Varier les évaluations (évaluations en groupe ; évaluations préparées ; évaluations orales) ;
- Corriger une évaluation immédiatement (re-médiation, auto-évaluation, explication du barème) afin qu’elle ne soit pas une fin mais une étape ;
- Créer un cadre structuré et sécurisant ; être exigeant ;
- Utiliser la pédagogie de projet (individuel, en groupe) : quels objectifs ? quels moyens ?
- Lister les objectifs à atteindre (à court et à long terme) ;
- Varier les outils ; utiliser les outils modernes (réseaux sociaux, ENT, tableau blanc interactif) ;
- …
Restons humbles :
- Aucun levier ne peut toucher l’intégralité des élèves.
- Certaines choses nous échappent : contexte familial, problème psychologique, handicap…
3- Une approche bienveillante
Un regard bienveillant du professeur et de l’équipe éducative, posé sur l’élève, mobilise plusieurs conditions :
Etre disponible,
Etre enthousiaste,
Etre optimiste.
Mais la faculté essentielle est d’être en empathie avec lui.
Pour renforcer cette approche, la famille doit être associée à la démarche.
Ce partenariat permet de tisser un lien constructif qui aboutira à une relation de confiance.
Par exemple, en début d’année, l’enseignant accueille chaleureusement les élèves et leurs parents. Chacun choisit sa façon de faire (lettre, affichage de mots clés - accueil, écoute, respect, confiance, partage - dessins avec messages …), l’essentiel est que chacun se sente accueilli et le bienvenu.
N’oublions pas que le jeune est une personne, un être unique, en devenir.
Pour l’aider à grandir, adoptons une attitude constructive par nos gestes, nos regards, de l’humour et de la répartie.
Le contexte institutionnel dans lequel on travaille favorise ou non cette approche. L’environnement a aussi son importance. Il doit être accueillant, plus particulièrement la classe que les élèves ne manqueront pas d’embellir tout au long de l’année avec des travaux personnalisés.
Tout cela n’est rien si l’on ne croit pas en l’élève, en ce que l’on est, en ce que l’on fait et en ce que l’on dit.
Devise du professeur : « Je ne m’endors jamais le soir sans avoir préparé pour le lendemain une petite plage d’enthousiasme. »
Paul Emile Victor
Centre de Ressources Pédagogiques – Février 2011